Le 16 juillet 2026, le deuxième Comité des partenaires (COPAR) a fait le point sur l’avancement du projet de piste cyclable franchissant le barrage de la Rance, les contraintes techniques et réglementaires, ainsi que les désaccords qui persistent.
Calendrier et solutions temporaires
La mise en service de la piste cyclable du barrage est toujours prévue à l’horizon 2031-2032.
En attendant, Le Département d’Ille-et-Vilaine prévoit une expérimentation de navettes à l’été 2027, dans l’attente de la mise en service de la piste cyclable, envisagée pour 2031-2032. Les intercommunalités doivent contribuer à la mise en place de ce dispositif.
Le Département refuse d’ouvrir la murette longeant la RD168 pour permettre aux cyclistes de circuler sur le perré côté Saint-Malo, considérant cette solution dangereuse. Il écarte également la possibilité de créer un marquage cyclable sur cette route à deux fois deux voies. L’itinéraire provisoire existant est cependant jugé dangereux et difficilement praticable sur certains tronçons.
Le désaccord sur l’écluse
La piste cyclable doit passer au sud du barrage, avec un élargissement de trois mètres du pont levant par encorbellement. Les associations de plaisanciers s’opposent à cette solution, car elle réduirait, selon elles, la capacité de l’écluse de douze à neuf bateaux, soit une baisse de 25 %.
Elles demandent une passerelle cyclable indépendante, relevable lors des manœuvres de l’écluse. Le Département privilégie au contraire un parcours cyclable continu, limitant les attentes et favorisant l’usage quotidien du vélo.
L’ensemble des autres associations présentes s’indignent d’entendre que le projet pourrait être bloqué ou entravé et largement contraint en termes d’efficacité pour quelques bateaux 2 mois dans l’année.
Des échanges complémentaires sont prévus avec les représentants de la navigation pour étudier différentes solutions : réorganisation des bateaux, réduction de la largeur de l’encorbellement ou suppression d’un passage technique destiné aux agents EDF.
POINT sur Les contraintes techniques et environnementales
Le projet doit préserver les accès de maintenance de l’usine hydroélectrique et tenir compte d’une cote marine de référence de 13,50 m, exigée par les services de l’État, même si les niveaux d’eau actuels sont généralement inférieurs.
Le projet prevoit donc la réalisation d’une piste cyclable en encorbellement à la sortie du barrage. Cet encorbellement sera positionné au dessus de la cote de 13,50m.
Côté Saint-Malo, la piste doit s’intégrer dans un secteur sensible, notamment à proximité du parc de la Briantais et de sites classés. Cela oblige à limiter la largeur de la piste à quatre mètres. Les piétons et randonneurs devront emprunter le sentier du littoral (SPPL), distinct de la piste cyclable.
Par ailleurs, le Département étudie également une réduction de la vitesse automobile sur la RD168, mesure favorablement accueillie par les associations.
Le principal enjeu : modifier le tracé du sentier du littoral
La servitude de passage des piétons sur le littoral (SPPL) suit actuellement le bord de mer. Or, le Département souhaite réserver la future piste aux vélos, afin de garantir un itinéraire continu, sûr et performant. La cohabitation entre piétons et cyclistes est jugée problématique, notamment en raison des pentes importantes et des risques de collision.
Plusieurs solutions ont été étudiées, mais la largeur maximale autorisée de quatre mètres ne permet pas de séparer correctement les usages tout en maintenant une piste cyclable suffisamment large.
Deux variantes de modification du sentier du littoral sont proposées :
Variante 1 : 2,5 km, par le chemin de la Basse-Flourie, plusieurs rues résidentielles et les abords du parc de la Briantais. Elle sécurise une grande partie du parcours, mais comporte une route étroite sans protection piétonne.
Variante 2 : 2,6 km, par les rues de l’Alcyon et de l’Achille, le parking du parc de la Briantais et un chemin rejoignant le GR34. Elle offre un cheminement plus sécurisé, mais éloigne temporairement les piétons du littoral.
La plupart des associations acceptent d’étudier ces variantes. L’association des Chemins de Ronde s’y oppose fermement, invoquant un arrêté de 1982 imposant un passage le long du littoral. Elle envisage des recours lors de l’enquête publique. Le Département a engagé des échanges avec la DDTM, sans solution alternative définitive à ce stade.
Conclusion
Deux blocages majeurs persistent : la capacité de l’écluse et le maintien du passage piéton au plus près du littoral. Le projet avance, mais sa réalisation suppose de trouver un compromis entre performance cyclable, sécurité des piétons, navigation, contraintes environnementales et respect de la réglementation. Aucun accord définitif n’est acté sur ces deux sujets.